Portage

Le portage d'un enfant consiste à le tenir près de son corps sans nécessairement le tenir dans ses bras. Depuis l'origine de l'humanité, le porte-bébé est un instrument permettant la survie des enfants en bas âge. Récemment, les expériences de portage en kangourou ont montré qu'il n'avait rien perdu de sa valeur, bien au contraire. Il rend leur mobilité aux pères et aux mères d'aujourd'hui, les réintroduit au cœur de la vie sociale, les investit à nouveau du rôle indispensable qui est le leur.

Le petit de l'homme s'est adapté au portage au cours de l'évolution. Pendant des centaines de milliers d'années, la survie d'un bébé dépendait du fait d'être porté. Nos ancêtres menaient alors une vie nomade, vivaient de de la cueillette et opportunément de la chasse, et se déplaçaient en permanence.

Il était beaucoup trop dangereux de poser un nourrisson quelque part, les dangers et les prédateurs attendaient partout un moment de faiblesse.

Ce n'est que depuis quelques milliers d'années, depuis le développement de la civilisation, que l'homme s'est sédentarisé et qu'il est devenu possible de poser un bébé quelque part en toute sécurité. Or, cette période est relativement récente dans l'histoire de notre espèce, et trop récente pour que le petit d'homme se soit adapté.

Être posé, seul, sans contact physique avec une autre personne, signifiait alors pour un nouveau-né “danger de mort”, être livré aux bêtes féroces, abandonné ou oublié par sa mère, la solitude ou le manque de signaux de ses parents peut être ressenti comme un danger d'abandon par le nourrisson qui essaie donc, par ses cris et ses pleurs, d'appeler les personnes familières.

Quand on regarde un nouveau-né, il a le réflexe inné de s'agripper avec ses mains, comme son cousin le singe le fait pour s'agripper à la fourrure de sa mère. Quand on allonge un nouveau-né sur le dos, il plie automatiquement ses jambes et prend une position idéale pour s'agripper et être porté. Pour cette raison, la biologie du comportement a classé l'homme en “primate porteur” (ou porté) actif, contrairement aux bébés kangourous par exemple, qui sont placés dans une poche sans se tenir activement (“portage passif”).

  • C'est agréable, à la fois pour le porteur et le porté;
  • Le nouveau-né retrouve la chaleur, l'odeur, la voix de sa mère, tout ce qui l'a accompagné pendant la grossesse;
  • La mère y trouve le plaisir du peau à peau, le plaisir animal de sentir son tout-petit contre soi;
  • Le père peut aussi éprouver ces sensations, puissant moyen d'attachement, dans une société où l'on s'efforce souvent d'éviter les contacts physiques;
  • Remède souverain contre les coliques (testez-le si vous avez des doutes…);
  • Calme les peines et douleurs mystérieuses des premiers mois;
  • Aide l'enfant à s'endormir (mieux que de le laisser pleurer… avouez!!!);
  • Corrige et prévient les problèmes de hanches (grâce à la position jambes écartées-relevées);
  • Stimule le bébé qui est à hauteur d'homme;
  • Plus de problèmes dus à l'encombrement d'une poussette;
  • Faire ses courses, son ménage, toutes les tâches de la vie quotidienne sans perturber Bébé qui est bienheureux dans son écharpe au chaud contre sa maman (ou son papa);
  • Facile de faire téter Bébé en toute discrétion dans n'importe quelle circonstance.

Les effets psychologiques qu'engendre cette façon de porter le bébé profitent tout aussi bien à la tendre relation parents-enfant qu'à la stimulation de l'intelligence de l'enfant. L'enfant a besoin de ce sentiment de sécurité, de confiance, sentiment qui lui est donné par le contact étroit avec sa mère ou son père. Ses parents sont en permanence dans son champ visuel, il n'y a aucune capote de landau qui lui obstrue l'horizon.

Extrait d'un article rédigé par H. Peters, sage-femme, paru dans le journal allemand des sages-femmes “Deutsche Hebammenzeitschrift”

Il n'y a aucun inconvénient clair et direct à porter son enfant. Néanmoins, dans certains cas, il est nécessaire de faire preuve de discernement et de ne pas s'enfermer dans une idée. Illustrations :

  • Bien que cela soit discuté, et discutable, il doit être dit que dans certains cas, le portage peut renforcer l'aspect fusionnel de la relation de l'enfant à la personne qui le porte. Lorsque cet aspect fusionnel, s'il est vécu comme excessif, devient problématique, l'honnêteté pousse à reconnaître que le portage peut être une des causes du problème.
  • Le caractère militant du choix du portage, comme celui de l'allaitement prolongé, par exemple, peut conduire à confondre le choix de ce qui est bon pour son enfant, avec la revendication de ce que l'on pose bon PARCE QUE ce n'est pas la norme sociale, mais une manière de s'y opposer.

Il s'agit d'une bande de tissu plus ou moins longue (de 2 m à 6 m) d'environ 70 cm de largeur.

Avec cette bande de tissu, on peut réaliser différents nœuds qui vont permettre de porter un bébé confortablement contre soi, sur la hanche, devant soi ou sur le dos, de la naissance à environ 3 ans.

Le portage en écharpe est une invention typiquement européenne. Inventé dans les années 1970 en Allemagne par une jeune mère de famille, il s'inspire des nombreuses techniques de portage pratiquées dans le monde sans être véritablement hérité d'une en particulier. Il s'est considérablement développé en Allemagne avant de s'étendre à l'Europe et au continent Nord américain.

Il s'adapte parfaitement aux contraintes de vie occidentale (notamment en ce qui concerne les chocs de la marche sur sol dur, aux besoins de changer l'enfant de positions)

Quelques exemples de nœuds

Ceci n'est pas exhaustif!

sur le ventre

  • Kangourou sur le ventre: LA position idéale, soulage le périnée plus que n'importe quel autre nœud. Peut être réalisé dès la naissance, avec un parfait soutien du dos de l'enfant et un maintien en position de grenouille. L'enfant plus grand peut également sortir les bras.
  • Croisé enveloppé : position pour les parents débutants, car très facile à effectuer seul et très enveloppante, donc rassurante. Nécessite une écharpe très longue qui devient rapidement trop longue lorsqu'on aborde les autres nœuds.
  • Croisé simple ou double croisé : nœud facile à apprendre et rapide à réaliser. Permet un usage à court terme pour de courts trajets, car le dos n'est pas soutenu dans sa forme naturellement arrondie. Lorsque l'enfant tient déjà assis.

Attention : il ne faut jamais porter son enfant face au monde : son dos n'est absolument pas soutenu par l'écharpe (même en position dite de “bouddha” qui n'est pas la position de grenouille idéale pour l'enfant), il perd le contact visuel rassurant avec le porteur et il ne peut pas se replier sur lui-même quand il en ressent le besoin contrairement aux autres positions. Pour le porteur le poids de l'enfant est beaucoup moins plaqué contre son corps et donc pèse beaucoup plus vers l'avant (cambrure du dos pour compenser et très fort appui sur le périnée). On y perd donc les principaux bienfaits du portage. Pour lui permettre de voir autour de lui, à sa guise et continuer à profiter des bienfaits, il vaut mieux opter pour des nouages dans le dos ou sur la hanche.

sur le dos

  • Kangourou sur le dos ou “Sac à dos” : c'est le nœud le plus courant dans le dos et le plus adapté. Il demande cependant une certaine dose d'assurance dans le nouage (points importants à connaître pour porter l'enfant en sécurité) et dans la mise en place de l'enfant sur le dos. Avec le nœud “sac à dos”, on peut porter un enfant très tôt dans le dos, bien avant qu'il ne tienne sa tête, en veillant bien à ce que l'enfant ait sa tête soutenue par l'écharpe. Si l'on n’est pas sûr, il vaut mieux attendre que l'enfant tienne sa tête seul.
  • Croisé enveloppé dans le dos : c'est le même nœud que le croisé enveloppé devant. Il nécessite que l'enfant tienne sa tête et une partie de son dos. Il faut extrêmement bien le serrer contre soi, pour que le porteur n'ait pas mal au dos en compensant le poids de l'enfant.

sur la hanche

Dès la naissance, et bien pratique pour soulager le périnée… Pratique aussi quand on a des maux de ventre ou une cicatrice de césarienne. Veiller à ce qu'il y ait assez de tissu pour soutenir la tête quand bébé dort, même si, plus grand, il peut sortir les bras.

  • Kangourou sur la hanche : permet de porter son enfant sur la hanche avec un excellent soutien et une écharpe un peu longue.
  • Sur la hanche simple : permet d'utiliser une écharpe courte et un nouage très simple. Idéal en cas d'enfant en apprentissage de la marche qui souhaite sans arrêt descendre et monter dans celle-ci.

Attention aux porte-bébés classiques ! Ils font adopter au bébé une position où il repose sur ses parties génitales, ses jambes pendant dans le vide. Et ils sont assez désagréables pour le porteur (le poids mal réparti est finalement inconfortable et parfois même facteur de douleurs). Il faut aussi éviter le portage face vers l'extérieur, car les jambes de l’enfant pendent le plus souvent dans le vide. Cette position ne respecte pas la largeur du bassin, empêchant un bon développement des hanches. Privilégiez plutôt les porte-bébés et écharpes de portage où votre enfant est en position grenouille, avec les jambes écartées et relevées (cuisses à l'horizontale et genoux environ à hauteur du nombril).

Choix du tissu

Dans l'idéal, il faut un tissu très souple et résistant. On peut se contenter d'un simple coton léger ou chercher un coton en sergé croisé (abusivement appelé “tissé en diagonale”) comme le tissu de certaines marques d'écharpes de portage, ce tissage rend la matière légèrement extensible et permet de s'ajuster pleinement aux formes du bébé pour bien le soutenir dans ses formes et celles du porteur. Si vous choisissez un tissu extensible, pour une écharpe de 5m, le tissu doit se détendre dans la largeur, mais pas dans la longueur. Mais sachez qu'un tissu extensible n'est pas obligatoire. Il a ses avantages et inconvénients; les nœuds ont tendance à se défaire plus facilement qu'avec un tissu standard et le soutien n'est pas aussi idéal pour le dos de l'enfant autant que pour celui du porteur.

Écharpe porte-bébé

Porte-bébé chinois

Il s'agit d'un carré de tissu, servant de support au corps de l'enfant, et possédant 4 lanières permettant de nouer celui-ci. Le porte-bébé chinois est essentiellement utilisé en Chine pour porter l'enfant dans le dos.

En Europe, il a été amélioré (lanières rembourrées) et peut à la fois être porté devant, dans le dos ou sur la hanche. Son nouage est aisé et rapide, ce qui le rend idéal pour les réfractaires à l'écharpe. Cependant, il n'est pas aussi ajustable que l'écharpe, et est donc moins confortable à l'usage dans la durée. C'est un portage pour des promenades courtes et nécessitant une mise en place rapide.

Autre Variante : le porte-bébé coréen. Il s'agit cette fois d'un rectangle de tissu à deux longues lanières rembourrées. Il nécessite un nouage un peu plus complexe que le porte-bébé chinois. C'est un dérivé du podéagi coréen qui est en fait un véritable vêtement couvrant la mère et l'enfant.

Autres techniques

  • porte-calin
  • porte-bébé ERGObaby
  • Sling
  • Le Chinois
  • Le Chinado
  • Le Manduca
  • Le Tonga
  • …..

Liens internes

Liens externes

Bibliographie

  • Porter mon bébé, Céline Guerrand-Frénais et Cécile Cortet, Éditions Minerva, ISBN 2-83071-121-1
  • La méthode Kangourou. Introduction à cette technique médicale, qui permet aux prématurés de vivre hors de la couveuse grâce au contact peau à peau avec leur mère. Nathalie Charpak, Zita de Calume, Annick Hamel. ISBN 2710111691
  • Porter Bébé, Avantages et Bienfaits, Claude-Suzanne Didierjean-Jouveau, Editions Jouvence, ISBN 2-88353-465-9